
CHERCHER L'INTENTION, CLAIRE
Issue d’une famille de paysans, mon travail puise dans la nature, sûrement une référence à ces heures passées dans les champs. On y aperçoit des paysages suggérés, des lieux que l’on peut distinguer et qui ne sont pourtant pas identifiables.
Je peins souvent des plans larges, aux couleurs toujours saturées et fluorescentes, qui apportent une vibration certaine. Des paysages aussi bien rencontrés autour du monde que près de moi, des paysages observés qui ne sont pas identifiables. La nature est mon motif car elle me fascine. J’aime son immensité ; c’est un modèle intarissable, toujours surprenant, inlassable.
Aussi, je fabrique des objets qui empruntent aux champs lexicaux de diverses pratiques et questionne les différents savoir-faire pour créer des éléments qui semblent familiers, drôles et parfois même absurdes.
Le geste est toujours identifiable dans tous les médiums utilisés et renvoie à la picturalité de mon travail. Les traces de doigts ou la tension sous la craie sont des composants de chaque pièce.
Les couleurs et l’équilibre global priment sur le réalisme. Mes palettes sont sûrement des bribes d’une enfance faite de Barbies et d’une adolescence pop.
LA JOIE, TOUJOURS
Je crée dans la joie, ou plus précisément c’est le sentiment de joie qui me fait savoir que ma création est juste et que ce que je fais est aligné.

CONTRASTE, MON AMOUR
L’art est politique - la vision macro
Au-delà de mes objets joyeux, je sais que le fait même de créer est le reflet de ce que je suis et de mon positionnement dans la société. Il y a un paradoxe dans la position d’artiste, le privilège et la précarité de ma condition. Créer dans un monde dominé par le capitalisme est un luxe — et un acte politique, précisément parce que l’art n’a pas de vocation économique.
De plus, je suis une femme dans le milieu de l’art qui revendique son médium principal comme relevant des métiers manuels (la céramique) et souvent cantonnée aux petites tâches, aux petits objets. En détournant ce médium, je prends une position forte de refus de conditionnement.
Mes petits objets graphiques sont donc des bombes contre ce monde destructeur.

Manger dans des œuvres d’art - la vision micro
Je peins mes céramiques comme l’on peindrait des toiles. Mais aussi je fais des objets nous permettant de nous restaurer donc je détourne l’objet dit utilitaire pour le remettre au centre. Mes contenants sont des tableaux dans lesquels nous sommes invités à manger.

LA DIMENSION SENSIBLE DU GESTE
La philosophie du geste
“Je fais les choses sérieusement sans me prendre au sérieux.”
La terre c’est un peu comme de la pâte à modeler, et les pinceaux n’ont pas besoin d’être parfaits pour être utilisés. Ça c’est en quelque sorte ce qui me motive au quotidien, cette joie de faire et de créer.
Le processus derrière ce geste
“Je laisse mes traces de doigts.”
Je choisis les couleurs au préalable en usant de l’émotion qui me traverse à ce moment-là et les applique avec spontanéité. Je choisis les matières parce qu’elles ne séduisent pas à cet instant, elles me parlent, me charment.
Le moteur de la création
“Ça se situe dans le ventre et dans le coeur”
Mon ressenti est moteur, créateur de forme et la joie est une quête perpétuelle.
MA PROPOSITION
Je crée des objets graphiques qui valorisent la beauté de l’absurde et la poésie du drôle. Des pièces uniques qui soulignent la justesse du ressenti dans la création.
Drôle et dissonant, mon art est engagé et parfois même politique.
Je crée pour des gens qui, comme moi, trouvent l’art partout. Ceux qui le mangent avec délectation ou l’observent avec une émotion certaine.